Marshall B.ROSENBERG et la communication non violente

La qualité des relations

 

 

Marshall B . ROSENBERG est né en 1934 aux Etats unis. Il obtient son doctorat de psychologie en 1961. A cette époque il travaille avec des défenseurs des droits civiques, des éducateurs, des professionnels de la santé, des avocats, des militaires et s'engage dans un mouvement de réforme de l'éducation.

Il s'inspire de l'approche centrée sur la personne de Carl R.ROGERS, des théories d'Abraham H.MASLOW, d el'économiste Chilien Arthur Manfred, Max-Neef sur les besoins humains et de certains principes des spiritualités orientales.

 

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Une conversation

avec Marshall Rosenberg

par Guy Spiro  - EXTRAIT

Lire l'article en entier http://fr.nvcwiki.com/images/ITV_M_R.pdf

 

La Communication Non Violente c’est une méthode de communication qui a beaucoup d’applications.

 1 - la résolution de conflits intérieurs. Nous leur montrons alors comment cela peut les aider à connaître leurs désirs et comment retrouver ces désirs lorsqu’ils sont dissimulés derrière des quantités de pensées et d’expressions qu’on nous a appris et qui engendrent la confusion.

 2 - Les relations personnelles proches. Elle est très utile pour résoudre les nombreuses sortes de conflits délicats qui peuvent se présenter.

 3 - Les relations de travail.

 4 - Nombreux enfin sont ceux qui l’appliquent politiquement pour résoudre des conflits entre groupes opposés.

 L’intention centrale de ce processus, c’est de se situer en un point où les gens puissent établir leur échange sur une base de compassion, comprendre clairement quels sont les besoins des uns et des autres et exprimer leurs propres besoins d’une manière telle qu’il soit aisé pour les autres d’y répondre. Analyser et classifier les autres.

 Quand leurs besoins ne sont pas satisfaits, leur tendance est de déterminer ce qui ne va pas chez l’autre et ils ont un vocabulaire très au point pour décrire

Les différentes manières dont les autres peuvent avoir tort. Ils ont un système de classification moraliste, qui a recours à des mots tels que « paresseux » ou « mauvais », un jargon scientifique qui colle aux gens des étiquettes telles que « malade » ou « névrosé »,  un vocabulaire de convenances sociales selon lequel les gens sont « bien élevés », « mal élevés », « se comportent correctement ou incorrectement ».

C’est typiquement ainsi qu’on nous a appris à communiquer. Tout cela vient de la tête. On évalue les autres mentalement et on les classifie en différentes nuances de bon ou mauvais, juste ou faux.

 Dès le moment où vous arrivez à faire dire aux gens ce qu’ils veulent, plutôt que ce qui ne va pas chez l’autre, vous voyez immédiatement qu’il est possible de s’acheminer vers une solution.

 Beaucoup excellent dans l’analyse et le jugement de ce qui ne va pas chez les autres, lorsque ceux ci n’agissent pas en harmonie avec leurs besoins, mais ont peu d’aptitude à dire clairement ce qu’ils veulent.

 Très souvent, lorsqu’on commence à prendre contact avec ce qu’on veut, on réalise que ce qu’on veut est très vague. Et lorsqu’on voit vraiment clair, cela s’avère parfois être quelque chose qu’il n’est pas possible d’obtenir.

 Il est important de voir que les étiquettes sont des expressions tragiquement inappropriées de nos propres besoins. Tout ce que signifient les étiquettes, tout ce que cela signifie lorsque nous portons un jugement sur quelqu’un, c’est que cette personne n’agit pas en harmonie avec nos valeurs, nos besoins. Si nous pouvions apprendre à simplement garder notre attention sur ce que sont nos valeurs et nos besoins et exprimer simplement cela, nous aurions une bien meilleure chance d’obtenir la coopération de l’autre personne.

Mais si nous allons dire à l’autre personne en quoi elle a tort, nous n’agissons pas en harmonie avec nos besoins.

 Nous enseignons aux gens à voir que tout jugement que nous portons sur les autres, toute analyse des autres est une expression tragique de nos propres besoins.

Nous enseignons à entendre les sentiments qui sont derrière le message exprimé, ainsi que les besoins non satisfaits et la demande.

En d’autres termes : qu’est-ce que cette personne vous demande ?

 La  première chose est de ne pas se demander si l’on peut y faire quelque chose, ni si nous sommes d’accord ou pas.

L’essentiel est de se relier à la personne et de démontrer qu’on a correctement entendu ce qui se passe en elle, avant toute considération de ce que nous pouvons faire.

 1 - Dire aux gens à quoi concrètement vous réagissez. Vous n’exprimez pas de jugements, vous dites simplement : «  lorsque tu n’es pas venu à la réunion chez moi alors que tu avais dit que tu viendrais...

 2 - Dire ce que vous ressentez, ce que sont vos émotions. Est-ce que vous avez mal ? Vous avez peur ? Vous êtes en colère ? Vous apprenez à exprimer des sentiments sans employer de mots qui résonnent comme des jugements; tels sont par exemple : « Je me sens mal compris », « j’ai l’impression d’être manipulé ».

 3 - Exprimer les besoins non satisfaits qui expliquent nos sentiments, afin de ne pas exprimer ce que nous ressentons d’une manière qui éveille chez l’autre la culpabilité.

 4 - Dire ce que vous aimeriez. Ce que vous aimeriez que l’autre personne fasse et qui rendrait pour vous la vie plus belle.

 Voilà, ces quatre ingrédients sont les points essentiels de ce modèle de communication.

Mais nous devons être préparés au fait que les personnes avec qui nous parlons aient un système d’expression tout différent du nôtre. Et nous apprenons à garder notre système quelle que soit la manière dont l’autre personne communique.

 « L’amour est action ».

 La conclusion à laquelle je suis arrivé, c’est qu’il est utile de penser au mot amour non en tant que sentiment mais en tant qu’action. Et quelle action ?

  •  révéler ce qui se passe dans votre coeur, sans critique de l’autre et sans exigence, juste révéler ouvertement ce que vous ressentez et de quoi vous avez besoin.

Ceci, pour moi, est un acte d’amour. C’est un acte d’amour parce que cela donne à l’autre personne une occasion de contribuer à votre bienêtre.

Donc lorsque je me révèle ouvertement, c’est vraiment un don à l’autre personne.

  •   Recevoir avec empathie ce qui se passe chez les autres. « Avec empathie » : j’entends par là juste recevoir ce qui se passe chez l’autre personne, sans la juger en aucune manière, voir ce que l’autre ressent, voir de quoi il a besoin.

N’exprimer ni accord ni désaccord, mais juste recevoir ainsi, c’est à mon avis un acte d’amour.

 Voilà ! Défini ainsi, l’amour est action, cela ne désigne pas un sentiment. Il est important d’exprimer les sentiments que nous appelons ordinairement des sentiments d’amour. Mais nous montrons dans notre enseignement que le mot « amour » recouvre alors probablement une centaine de sentiments différents.

 Lorsque je dis que je voudrait  que vous et les autres m’aimiez, je souhaite que vous deviniez ce que je veux avant que je le sache moi-même et je veux que vous le fassiez toujours ».

 Voyez-vous, c’est souvent le genre de définition que les gens portent en eux sans même en avoir conscience, lorsqu’ils emploient ce mot « amour ».

 Certains ont appris à définir l’amour d’une manière telle qu’il est impossible de l’obtenir. Je propose de considérer que l’importance de ce mot est telle que nous avons besoin de clairement le définir en termes de quelque chose que nous pouvons obtenir.

 Sur ce point, j’en arrive à ce que j’offre dans mon enseignement : la proposition que nos relations seront beaucoup plus pleines et profondes si nous et nos partenaires définissons l’amour comme je le suggère, c’est-à-dire : l’amour, c’est nous révéler ouvertement.  et ceci, sans exigence quant à ce que nous demandons. Nous disons ouvertement ce que nous ressentons, de quoi nous avons besoin, mais le besoin n’est pas exigence de ce que nous souhaitons.

Et l’autre moitié de l’amour se manifeste quand l’autre personne s’ouvre et révèle ses besoins.

C’est alors, non pas nécessairement faire ce qui est demandé, mais recevoir avec exactitude ce qui a été dit.

Et ma conviction est que les gens qui peuvent communiquer ainsi ont une bien meilleure chance d’avoir une relation d’amour épanouissante.

 Voyez-vous, la définition la plus courante de l’amour, c’est que si vous aimez quelqu’un, vous ignorez vos propres besoins et vous faites pour l’autre. Et cela suscite d’énormes souffrances dans les relations proches parce que cela signifie que l’amour est sacrifice, se sacrifier pour l’autre personne.

Et cela oblige l’autre à faire la même chose pour vous. En peu de temps vous constatez que la personne qui vous est la plus proche est devenue pour vous un énorme boulet. Simplement parce qu’on porte en soi cette définition de l’amour.

 La définition de l’amour que je propose me semble avoir l’avantage de révéler ce qui se passe entre les gens, sans exigence ni critique. Ainsi chacun a accès à l’autre : accès total, ouverture totale, mais pas d’exigence, pas de critique et jamais vous n’avez à faire ce que l’autre demande pour prouver votre amour.

Tout ce que vous avez à faire, c’est comprendre la demande avec exactitude. Ne pas juger. Et répondre honnêtement.

 

Date de dernière mise à jour : 15/02/2013