La crise : les alternatives

  • Par psychea
  • Le 12/03/2013
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La crise : les alternatives

extrait de :

article de Louisa YOUSFI : La crise, une occasion à ne pas rater dans Sciences Humaines Février 2012

Du grec Krisis, le terme de crise correspond à une maladie brutale et violente. elle signifie aussi une prise de décision.

Point névralgique d'une construction politique et culturelle, la crise vient interroger le système dominant en lui révélant ses faiblesses. En ce sens elle est un moment clé, celui d'une mutation progressive et douloureuse vers un autre modèle.

"Une crise se produit au moment où le vieux monde tarde à disparaitre où le nouveau monde tarde à naître et, dans ce clair-obscur, des monstres peuvent apparaitre." (Edgar Morin et Patrick Viveret, Comment vivre en temps de crise ? Bayard 2011)

LE CONVIVIALISME

Ce terme désigne un courant encore embryonnaire qui prétend faire dévier le sort de l'humanité d'une catastrophe annoncée. Ce mouvement réunit en son sein diverses critiques de la société actuelle et diverses façon de la changer. Il appréhende la crise comme l'occasion d erecycler divers modèles et concepts alternatifs déjà théorisés et developpés durant les dernières decennies : décroissance, économie sociale et solidaire ...

Alain Caillé présente cette future idéologie politique comme la synthèse et le dépassement des 4 grandes idéologies de la modernité : le libéralisme, le socialisme, l'anarchisme, le communisme.

Ces 4 idéologie s'appuie sur la croissance infinie comme clé de la paix entre les hommes et du progrès. C'est en cela qu'elles doivent être dépassées.

L'adhésion à la démocratie a toujours reposé sur la perspective d'un enrichissement matériel, c'est à dire une croissance continue.

S'inspirant des mots de l'anthropologue Marcel Mauss, la question convivialiste se poserait ainsi : " Quelles règles d evie en société adopter pour permettre aux humains de vivre ensemble en s'opposant sans se massacrer ?" A.Caillé répond : en assumant la finitude du monde.

Le seul moyen de préserver les valeurs démocratiques revient à les dissocier de l'économie. Ne pas confondre richesse et richese monétaire.

LA DECROISSANCE

Héritée des penseurs Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, la décroissance apparait comme théorie politique à la fin des années 1960 chez l'économiste et mathématicien Roumain Nicholas Georgescu-Roegen. D'ordre philosophique à l'origine, la critique de la croissance prend une dimension politique avec Jean Baudrillard penseur anti consumériste et André Gorz, représentant de l'écologie politique.

L'IMAGINAIRE DU PIB

Le PIB ne mesure que l'augmentation de la production et de la vente des biens et services sans tenir compte du bien être des populations.

L'indice du développement humain (IDH) mis en place par les Nations Unies en 1990 a déjà pour critères principaux l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation et le niveau de vie.

De la même manière la théorie des capabilités, de l'économiste Amartya Sen a pour objectif d'élaborer des indicateurs de développement qui prennent en compte la complexité du facteur humain et de son bien être.

Conçu comme une abondance frugale dans une société solidaire, le bonheur convivialiste se réaliserait dans l'autolimitation en passant par des règles qui limitent l'avidité des agents:

- mise ne place conjointe d'un revenu maximum et d'un revenu minimum

- mise au ban de la finance spéculative

- protectionnisme écologique et social

- limitation de la dimension des entreprises

Cette transformation passerait en premier lieu par une démarchandisation des 3 marchandises fictives que sont le travail, la terre et la monnaie, en vue de réaffirmer la prédominance du social sur l'économique.

Il s'agit de remettre en cause une conception réductrice de l'Homme, vu comme vivant dans un monde où la seule la loi qui régule les rapports humains est celle de l'offre et de la demande et, où, l'nerichissement personnel serait le principal moteur de l'action des hommes mus par un désir infini de satisfaire leurs besoins et de s'enrichir.

Patrick Viveret préconise un usage positif de la crise redéfinissant le rapport des hommes à leur propre histoire et réaffirmant leur responsabilité.

Quelle force morale, sociale ou politique serait assez forte pour contenir en son sein autant de contestations diverses sans se déliter ? Pour E. Morin, "puisque les conséquences sont incertaines, le pari éthique, loin de renoncer à l'action par peur des conséquences assume cette incertitude, reconnait les risques, élabore une stratégie. Le pari c'est l'intégration de l'incertitude dans l'espoir.

 

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