réaction psychologique

Quelles réactions face à la crise

Quelles réactions face à la crise ?

article de JF Dortier - sciences humaines n° M01866 février 2012 (extrait)

La situation de crise suscite toute une gamme de réactions psychologiques mais elle est aussi l'occasion de rééxaminer ses valeurs et sa vision du monde.

La crise fait mal. elle inquiète, affecte le moral, assombrit l'horizon et conduit certains au désespoir.

Suicide ou chute du moral l'équation: dépression économique = dépression psychologique, semble se confirmer.

Ceci dit les réactions individuelles face à la crise sont fonction des situations et de la façon dont les personnes y font face.

La PEUR

beaucoup de gens voient la crise comme un risque réel d edescente aux enfers. le chômage pourrait les jeter dans le cycle infernal de la pauvreté, du surendettement, de l'expulsion, de la rue.

L'ANGOISSE

Sentiment à la fois moins aigu et plus diffus que la peur, que Martin Hedegger appelait "souci" ou "préoccupation". Sourde, difficile à déceler ou à avouer, elle se révèle une blessure intime, sans traduction sociale évidente, qui tourmente en silence. Elle provoque des troubles du sommeil.

Le RESSENTIMENT

Il est alimenté par al frustration. Friedrich Nietzche fut le premier à en souligner l'importance dans la psychologie de masse. En temps de crise, le ressentiment aluimente haines et rancoeurs, nourrit le sentiment de vengeance et la recherche du bouc émissaire. Au sein de certains milieux populaires ou des classes moyennes, le ressentiment se porte sur ceux d'en haut, mais aussi sur ceux d'en bas, suspectés de bénéficier de privilèges auxquels eux n'ont pas droit.

La COLERE

Potentiel ferment de révolte la colère est le fruit de trop de  résignation et de désespoir qui nourrie d'indignation, devient l'un des moteurs de l'action collective.

La PERTE D'ESTIME DE SOI

Perdre son travail n'est seulement un stress économique mais conduit aussi à un effondrement de l'estime de soi. Plus généralement la crise provoque aussi un sentiment de déclassement au sein des populations occidentales. Ceux ci éprouvent désormais un sentiment qui leur était étranger jusque là : celui du déclin, ne plus être de qu'ils ont été depuis 5 siècles : les dominants.

Mais à situation égale tout le monde ne réagit pas de la même façon. L'espoir, le désespoir, l'euphorie ou la tristesse ne sont pas des sentiments stables et peuvent osciller d'un moment à l'autre.

La RESILIENCE

Face à un drame personnel (deuil, maladie grave) tout le monde ne se comporte pas de la même façon. Les études en psychologie du "coping" montrent que face au stress, certains subissent et sombrent dans la déprime alors que d'autres font face et décident de se battre. La crise est un révélateur de ces comportements. ces différences d'attitude ne sont d'ailleurs pas qu'une question de psychologie personnelle mais dépendant sans doute aussi de racines culturelles. Par exemple les Américains, semblent ils, sont moins enclins aux atermoiements et réagissent en général plus par l'action que par le ressentiment.

Le REAMENAGEMENT des SYSTEMES de VALEURS

La crise disloque certains milieux mais favorise denouveaux liens de solidarité tels que ceux observés lors de grandes catastrophes naturelles. Dans les récits de personnes ayant connu une véritable descente aux enfers, on découvre que les situations extrêmes contribuent à un profond réaménagement psychique.

Tous les banquiers ne finissent pas en prison ... moi, c'était dans la rue de Jean-paul ALLOU - Michel Lafont 2011

Survivre dans la rue. Américaine et SDF à paris de Ann Webb, Albin Michel 2011