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La psychologie positive : d'où vient ce mépris de l'optimisme ?

Le mépris de l'optimisme

extrait de l'article de F.Mazelin Salvi - Pourquoi la pensée positive prête-t-elle à rire ? Psychologies magazine 109 - janvier 2013

Les optimistes en font régulièrement l'amère expérience : il suffit d'exprimer sa foi dans la bonté de l'homme ou dans sa capacité à évoluer positivement pour se faire traiter de Candide ou se voir renvoyer à la méthode Coué.

Celui qui mise sur l'espoir, qui parie sur la bonté de l'homme ou qui, plus ordinairement, est porté à voir le verre à moitié plein, est jugé psychologiquement immature, peu cultivé  et pas très brillant.

  • Le Doute

Pour le philosophe Michel Lacroix, l'explication de la résistance collective à ce que nous appelons " la pensée positive" est multifactorielle. Les intellectuels, qui ne prennent pas une part active à la vie de al cité, la regarden tpar le prisme d ela méfiance. "N'oublions pas que la tradition cartésienne est fondée sur le doute de toutes les croyances. La réflexion se fait sur le mode de la dénonciation et de la critique négative. Une posture salutaire mais démobilisatrice, car peu féconde en propositions constructives."

Michel lacroix mentionne également l'influence culturelle de la tradition des moralistes comme La Rochefoucauld ou La Bruyère, qui "en disséquant le coeur humain, en ont exhumé toutes les sombres passions. Grattez les vertus et vous trouverez le vice, nous disent-ils en substance".

Il voit dans "la prégance de l'esprit révolutionnaire" qui invite à tout détruire pour mieux reconstruire, "la difficulté à reconnaitre ce qui est bien ou va bien, afin d'y prendre appui et de chercher à améliorer l'ensemble".

  • Le Réalisme

Dès qu'il s'agit d'envisager une solution qui fait appel au meilleur de l'autre, ou d'nvisager une issue favorable à un problème ou un conflit, l'ioptimiste est renvoyé à son manque de réalisme.

Comme si le pessismisme et la défiance étaient du côté du réalisme.

Pour Tali Sharot nous disposons tous d'une propension à l'optimisme mais ce biais n'est pas totalement accessible à la conscience.

Sans cet optimisme inconscient (l'inclination à surestimer la probabilité d'évènements positifs dans le futur et à sous-estimer la probabilité d'évènements négatifs) pas de mariage, pas de recherche d'emploi, pas d'enfants, pas d'emprunts.

Si ce prisme positif est inhérent à l'homme, il peut s'affaiblir précocement chez certains suite à des évènements qui viennent ébranler les fondations de la confiance en soi et dans la vie (deuils, précarité matérielle, maladie ..) ou par imprégnation culturelle familiale négative (parents anxieux, dévalorisants ..)

La vertu du pessismisme, à savoir, envisager le pire pour éviter les déceptions, ne tient pas la route car cette posture est facteur de démotivation, et elle n'évite en rien la souffrance.

Selon llona Boniwell, la psychologie positive (à ne pas confondre avec la pensée positive) opère sur 3 niveaux :

1 - Le niveau subjectif : identifier et favoriser les expériences permettant les états de bien être et de joie

2 - le niveau de l'individu : identifier et favoriser les éléments constitutifs d'une vie de qualité ou épanouie

3 - le niveau du groupe : identifier et favoriser les facteurs sociaux d'un mieux vivre ensemble (justice, altruisme, éthique, civisme ..)

La psychologie positive diffère de la psychologie "classique" et surtout de la psychanalyse, en ceci qu'elle s epréoccupe davantage des aspects positifs de la vie humaine et de l'individu que de ses aspects négatifs.

Philippe Gabilliet rappelle que "l'un des présupposés de la psychologie positive est que chacun dispose d'un arsenal d'outils d'autoguérison; au thérapeute de favoriser la prise de conscience de leur existence chez son patient, et les moyens de les activier"

Pour Jacques Lecomte "Les recherches contemporaines montrent qu'en réalité la promotion et la mise en pratique de valeurs telles que la confiance, la justice, la coopération, le courage et la solidarité contribuent à améliorer les relations interpersonnelles mais aussi le bien commun".

bibliographie

Michel lacroix - Avoir un idéal, est-ce bien raisonnable ? marabout 2009

Tali Sharot - Tous programmés pour l'optimisme - marabout 2012

Philippe Gabilliet - Eloge de la chance - Ed saint Simon 2012

Llona Boniwell - introduction à la psychologie positive - payot 2012

Jacques Lecomte - La bonté humaine - odile Jacob 2012

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